Les de Linars de Ginouillac et les insurrections paysannes de 1790.
 



L'année 1790 fut marquée par des insurrections paysannes notamment en Quercy, Périgord, Bretagne et Alsace. Longtemps éclipsée par l'histoire urbaine et parisienne de la Révolution, les historiens démontrent maintenant que cette révolution paysanne était autonome par rapport à la révolution bourgeoise des villes. Dans le Lot, l'épicentre de l’agitation fut Gourdon. Deux des protagonistes des événements de Gourdon étaient des Ginouillacois membres de la noblesse : les frères Joseph et Jean de Linars.
Les deux principales sources du récit qui suit sont d'une part, le rapport des commissaires Godart et Robin envoyés par le roi et l'Assemblée constituante pour enquêter sur les troubles et, d'autre part, le livre qu'Ernest Lapeyre, descendant des de Linars, publia en 1892 sur “Les insurrections du Lot en 1790”. 
 

I - Le contexte historique.


Dans le pays de Quercy, lorsqu’ éclata la Révolution, le bas peuple des villes avait faim, Et cela depuis un siècle. Le pain était cher et les salaires n'avaient pas augmenté dans la proportion du prix du blé. Dans les campagnes, le peuple était également malheureux. A un été très sec succéda, en 1788-1789, un hiver très long, qui fut particulièrement rigoureux. Depuis le terrible hiver 1709, le froid n'avait jamais été aussi vif et aussi long. Le manque de récoltes s'étant fait sentir durant l'été de 1788, les céréales atteignirent un prix très élevé durant l'hiver qui suivit.

Par ailleurs on assiste à une réaction nobiliaire, un sursaut réactionnaire exercé par la noblesse dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle pour tenter de récupérer ses pouvoirs d'antan face à la concurrence de roturiers riches.

Des terriers et censiers (On appelait terrier, ou livre terrier, ou papier terrier, un « registre contenant le dénombrement des déclarations des particuliers qui relèvent d'une seigneurie, et le détail des droits, cens et rentes qui y sont dus ».) sont dressés dans les années précédant la Révolution pour établir les droits des seigneuries y compris ceux de seigneuries ecclésiastiques.

Des feudistes (juristes spécialisés dans le droit féodal et les droits seigneuriaux) recrutés par les seigneurs sont chargés de la réfection de ces livres terriers. Les feudistes sont rompus à l'étude et à l'interprétation des archives seigneuriales qui gardent la trace des droits de toute sorte dont jouissent les seigneurs ou qu'ils cherchent à remettre en vigueur quand, avec le temps, ils sont tombés en désuétude. La rénovation d'un terrier, en vue de réactiver des droits seigneuriaux ou simplement pour permettre une meilleure administration de la seigneurie, est une opération lourde et coûteuse, même pour une petite seigneurie ; elle monopolise longuement l'activité du feudiste, de ses clercs et de collaborateurs comme les géomètres et les cartographes. Le mode de rémunération de ces feudistes variait suivant les provinces. Pour le Quercy, voici ce qu’en disent Godard et Robin, les deux commissaires qu'en 1790 le roi, à la demande de l'Assemblée constituante, envoya dans le département du Lot pour y faire une enquête sur les troubles qui s'y étaient produits au sujet du paiement des droits féodaux :

« Nulle part la destruction du régime féodal ne fut accueillie avec plus de transport que dans l’ancienne province du Quercy, parce que c'était là principalement que la féodalité avait les effet les plus terribles. 
C'était dans cette province que régnait dans toute sa latitude la maxime nulle terre sans seigneur, et qu'une girouette placée au-dessus d'un toit était le titre en vertu duquel le seigneur exigeait de ses vassaux des redevances énormes. 
Ces redevances étaient encore accrues d'intervalle en intervalle par les régisseurs, les fermiers, les agents des seigneurs, et principalement par leurs feudistes.
Ces feudistes étaient entièrement dévoués à celui qui les employait; on leur abandonnait les arrérages de ce que l'on appelait découverte; ils découvraient beaucoup, parce qu'ils avaient leur intérêt à beaucoup découvrir; le résultat de leurs recherches était toujours qu'il était dû au seigneur plus qu'on ne lui payait; de là toutes les surcharges qui abondent dans une infinité de reconnaissances. 
Les censitaires étaient ignorants; le fermier leur disait de payer, parce qu'ils devaient, sans leur expliquer comment ils devaient; il fallait qu'ils payassent sur-le-champ, autrement on les menaçait de procès ruineux, et qu'ils perdaient presque toujours. Le fermier donnait ensuite à ces hommes qui ne savaient ni lire, ni écrire, des quittances où rien n'était détaillé; où l'on se contentait de dire qu’un tel avait payé la rente qu'il devait à la seigneurie ; où l'on se gardait bien d'en exprimer la quotité, crainte de s'exposer à des restitutions, en percevant des rentes au-dessus du taux porté par les titres; c'est ainsi qu'on écrasait ces malheureux censitaires, en abusant de leur ignorance, de leur bonté, et de la terreur qu'on savait leur inspirer.
On ne se bornait pas à accroître les redevances, en insérant dans les reconnaissances des surcharges plus ou moins considérables; on agrandissait, dans quelques endroits, les mesures qui servaient à percevoir les droits seigneuriaux. 
Il y avait aussi, dans la plupart des châteaux,un crible roulant, dont l'objet était d'épurer les grains d'une manière si avantageuse pour celui qui les recevait, que le blé de rente avait toujours un prix supérieur de 30 sols à peu près, par mesure, à celui qui se vendait au marché. » 
En juillet 1789, il se produisit dans une grande partie de la France rurale une effervescence contre le régime féodal, contre les droits seigneuriaux, et il y eut des troubles qui allèrent souvent jusqu'à l'insurrection. Les paysans s'attendaient à une révolution économique et sociale : l'assemblée constituante, à Versailles, ne semblait s'occuper que d'une révolution politique. 
Le 3 août 1789 au soir, l’assemblée constituante entendit, du comité des rapports, la relation des révoltes : « Par des lettres de toutes les provinces, il paraît que les propriétés, de quelque nature qu'elles soient, sont la proie du plus coupable brigandage; de tous les côtés, les châteaux sont brûlés, les couvents détruits, les fermes abandonnées au pillage. Les impôts, les redevances seigneuriales, tout est détruit ; les lois sont sans force, les magistrats sans autorité; la justice n'est plus qu'un fantôme qu'on cherche inutilement dans les tribunaux. » 
Le lendemain soir, 4 août 1789, à 7 heures, le comité des rapports propose de réaffirmer les valeurs de la propriété, et donc contrôler la révolte : 
« ...Déclare que les lois anciennes subsistent et doivent être exécutées jusqu'à ce que l'autorité de la Nation les ait abrogées ou modifiées ; que les impôts, tels qu'ils étaient, doivent continuer d'être perçus, aux termes de l'arrêté de l'Assemblée nationale du 17 juin dernier, jusqu'à ce qu'elle ait établi des contributions et des formes moins onéreuses au peuple ; Que toutes les redevances et prestations accoutumées doivent être payées comme par le passé, jusqu'à ce qu'il en ait été autrement ordonné par l'Assemblée ; Qu'enfin les lois établies pour la sûreté des personnes et pour celles des propriétés doivent être universellement respectées. La présente déclaration sera envoyée dans toutes les provinces, et les curés seront invités à la faire connaître à leurs paroissiens, et à leur en recommander l'observation... » 
Cette déclaration ne répond pas à l’urgence de la situation et l’idée d’une abolition des droits seigneuriaux continue de faire son chemin. 
En fin de soirée, Louis Marie Antoine vicomte de Noailles propose à l'Assemblée nationale de supprimer les privilèges pour ramener le calme dans les provinces. Les orateurs se succèdent alors et proposent l’abolition de la qualité de serf et de la mainmorte [droit du seigneur sur les biens de son vassal mort], la faculté de rembourser les droits seigneuriaux, l’abolition des juridictions seigneuriales, la suppression du droit exclusif de la chasse, des colombiers, des garennes, une taxe en argent, représentative de la dîme, le rachat possible de toutes les dîmes, l’abolition de tous privilèges et immunités pécuniaires, l’égalité des impôts de quelque espèce que ce soit, l’admission de tous les citoyens aux emplois civils et militaires, etc. 
Le lendemain, Louis XVI écrit à l’archevêque d’Arles : 
« Je ne consentirai jamais à dépouiller mon clergé, ma noblesse. Je ne donnerai pas ma sanction à des décrets qui les dépouilleraient . . . Si la force m’obligeait à sanctionner, alors je céderais, mais alors il n’y aurait plus en France ni monarchie ni monarque. » 
Les décrets furent rédigés les jours suivants par l’assemblée. Elle déclare : 
« détruire entièrement le régime féodal ». Plus précisément : 
Sont abolis sans indemnité : la main-morte réelle et personnelle, la servitude personnelle, l'exclusivité seigneuriale sur les colombiers et la chasse, l'exclusivité sur l'accès à certaines professions, les justices seigneuriales, les dîmes, la vénalité des offices (le fait que les fonctions de l'administration publique sont attribuées comme un bien monnayable) , etc. 
Mais sont considérés comme rachetables : « les autres droits féodaux ou censuels », les « autres dîmes », les rentes foncières perpétuelles et les champarts. 
Louis XVI n'accorde sa sanction à ces décrets que contraint et forcé, le 5 octobre. Ils entreront en en vigueur le 3 novembre 1789. 
La rédaction étant trop vague, le décret du 15 mars 1790 énuméra les droits maintenus : « 1° Toutes les redevances seigneuriales annuelles en argent, grains, volatiles, cire, denrées ou fruits de la terre, servies sous la dénomination de cens, censives, surcens, capcasal, rentes féodales, seigneuriales et emphytéotiques, champart, tasque, terrage, arrage, agrier, comptant, soëté, dîmes inféodées, ou sous toute autre dénomination quelconque, qui ne se paient ou ne sont dues que par le propriétaire ou possesseur d'un fonds, tant qu'il est propriétaire ou possesseur, et à raison de la durée de sa possession ; 2° tous les droits casuels qui, sous les noms de quint, requint, treizième, lods et treizains, lods et ventes, ventes et issues, mi-lods, rachats, venteroles, reliefs, relevoison, plaids et autres dénominations quelconques, sont dus à cause des mutations survenues dans la propriété ou la possession d'un fonds, par le vendeur, l'acheteur, les donataires, les héritiers et tous autres ayants cause du précédent propriétaire ou possesseur; 3° les droits d'accapte, d'arrière-accapte et autres semblables, dus tant à la mutation des ci-devant seigneurs qu'à celle des propriétaires ou possesseurs. » 
Ainsi le cens, sous toutes ses formes, avec lods et ventes, se trouvait maintenu, de même que le champart (droit qu'avait le seigneur de prélever une partie de la récolte de ses tenanciers), si odieux au paysan. 
Les droits maintenus étaient en même temps déclarés rachetables ; Les modes et taux du rachat, fixés par le décret du 3 mai 1790, furent tels que ce droit de racheter parut aux paysans pauvres presque irréalisable, presque illusoire. Le taux fut 20 fois la rente, si le droit était payable en argent ; 25 fois la rente, si le droit était payable en nature. 
Les paysans à qui on avait dit solennellement que le régime féodal était aboli, quand ils virent qu'on en maintenait la plus grande partie, et non la moins lourde, eurent une déception qui se changea souvent en colère, et cette colère alla parfois jusqu'à l'insurrection. Et de ces insurrections, celles de la Dordogne et du Lot sont les plus caractéristiques.
 

II - Les événements de Gourdon.


 Dans le Quercy, la nouvelle du décret du 4 août provoqua une première effervescence ; elle consista en des plantations de mais, signes de réjouissance pour la destruction du fléau qui désolait le pays. 
Voici comment Godard et Robin décrivent les mais : 
« Les mais, comme on le sait, sont des arbres très élevés et fort droits, plantés sur la place publique, ou sur la place la plus spacieuse d’un village. 
Dans tous les villages du district de Gourdon, sans exception, il y en a un, et dans quelques-uns, deux et même trois. 
Quant à l'idée qu'on y attache, il n'est pas d'efforts que nous n'ayons faits pour la découvrir. Lorsque nous faisions quelques questions à ce sujet, les mots de liberté, de signe de réjouissance pour la liberté, étaient à la fois prononcés par tous. 
… 
En général, l'idée qu'on attachait aux mais, lorsque nous avons paru dans le district de Gourdon, c'est celle de la conquête de la liberté; les mais presque partout sont ornés de rubans, surmontés d'une couronne de laurier ou d'un bouquet de fleurs, et portent l'inscription civique : Vive la nation, la loi et le roi. »

L’effervescence se calma puis reprit au commencement de l’année 1790, ainsi le château du marquis de Lostanges fut pris d'assaut par une troupe de paysans, qui détruisit les archives, tous les titres seigneuriaux. La même troupe se porta au domicile du commissaire à terrier qui travaillait pour le marquis, et anéantit ses papiers. 
Dans le district de Gourdon, à Léobard, à Milhac, à St Circq on suspendit aux mais des cribles et différentes mesures qui servaient pour la perception des redevances. À Léobard on enleva en outre, pendant la nuit la girouette du château, et on la suspendit, par dérision, à la cime du mai. L’exemple fut suivi, presque partout on s’amusa à dépouiller les châteaux de leurs girouettes On éleva des potences dans plusieurs endroits, à Gindou on vit une exposée plusieurs mois dans le bourg « pour faire réfléchir ceux qui seraient tentés de réclamer ou de payer les rentes. » 

. Enfin, le moment où les rentes avaient coutume de se payer approcha.

Le directoire du département crut qu'il était de son devoir de s'occuper sérieusement de cet objet, en publiant, dans une proclamation, les principes de la raison et de la loi sur les redevances que l'Assemblée nationale avait conservées jusqu'au rachat. 
Cette proclamation, publiée le 30 août, dans laquelle on disait au peuple qu'il devait payer d'abord ce qu'il avait payé jusqu'ici, sauf à réclamer ensuite devant les tribunaux ce qui lui était dû, ne produisit pas l'effet qu'en attendait le département. Les paysans étaient détermines à ne payer que sur le vu des titres primordiaux qui avaient fixé le montant de leurs redevances. Or ces titres n’existaient plus ou, par comparaison, auraient révélé la différence prodigieuse qui existait entre ces titres et ce qui était réclamé aux paysans. 
Les seigneurs ne pouvant ou n’osant pas produire les titres demandés, l’agitation continua.

Une décision du district de Gourdon devint le signal du soulèvement.

Un décret du 3 août 1790 portait : 
« Dans toute l’étendue du royaume, sa Majesté sera priée de donner des ordres, pour que les municipalités fassent détruire toutes les marques extérieures d’insurrection et de sédition, de quelles natures qu’elles soient. » 
Les 15 et 21 novembre, le département du Lot prit deux arrêtés prescrivant d’enlever tous les signes séditieux sans mentionner les mais. 
Les administrateurs du district de Gourdon allant plus loin que le texte du département décidèrent de faire abattre les mais et les autres signes d’insurrection.

Mais la population tenait à ses mais, qui pour certains avait été érigés à l’occasion de la fédération du 14 juillet et pouvaient difficilement être considérés comme un signe de sédition : 
Voici le procès-verbal dressé par la municipalité de Ginouillac :

« Aujourd'hui 14 Juillet 1790, tous les citoyens, étant prévenus que le présent jour a été choisi pour la Fédération générale de l’empire Français, se sont rendus dans l’église paroissiale, où a été chantée une grand’messe en l’honneur du St-Esprit.À l'issue de ladite messe, MM. les maire, officiers municipaux et notables, précédés de la garde nationale sous les armes et suivis du reste des citoyens, se sont rendus au pied d’un arbre de quatre-vingt-dix pieds de haut, planté à cet effet, au milieu duquel était clouée une planche portant cet écrit : À la Liberté ! Vive la Nation, la Loi et le Roi ! Tous les citoyens ont formé sur plusieurs rangs un cercle autour dudit arbre. Le maire, les officiers municipaux et la garde nationale étant dans l’enceinte du cercle, on a fait plusieurs décharges de mousqueterie, au milieu des cris répétés de: Vive la Nation, la Loi et le Roi! Dès que le calme a commencé, M. le maire a fait un bref discours sur l’auguste cérémonie qu’ils allaient faire et, après en avoir démontré tout l’avantage, il a prononcé à haute et intelligible voix, et tout le monde a répété avec lui : Je jure d'être fidèle à la Nation, à la Loi, au Roi, et de maintenir de tout mon pouvoir la Constitution du royaume. Ce serment prêté, tous les citoyens sont rentrés dans l’église et dans le même ordre qu’ils étaient sortis, et on a chanté le Te Deum, en actions de grâces. Tous les citoyens ont témoigné la plus grande satisfaction, se sont donné réciproquement les marques de l’attachement le plus fraternel et ont terminé ce jour à jamais mémorable par un feu de joie préparé au milieu de la place, par ordre de M. le maire, et auquel ils ont tous assisté. Le maire, les officiers municipaux et les notables ont signé au registre.

Le secrétre-greffier, GUITTARD. »

Pour détruire les signes séditieux le district avait obtenu du département l’envoi à Gourdon d’un détachement du 1er bataillon du régiment de Languedoc en garnison à Figeac, formé de cent grenadiers sous les ordres de M. de Saint-Sauveur. La détachement part de Gourdon le 26 novembre accompagnée des brigades de maréchaussée de Frayssinet et de Souillac. Il se rend d’abord à Gindou et fait enlever la potence qu’on y a dressée, le 29 il se rend à Loupiac, la population s’agite, deux habitants courent à l’église et sonne le tocsin, un troisième se rend dans les communes voisines pour demander du secours. L’officier municipal s’oppose au commandant. M. de Saint-Sauveur désigne un paysan, Bernard Montès, et lui intime l’ordre d’abattre le mai, celui-ci refuse et s’écrit « Le mai ne s’abattra pas encore ! ». Finalement M. de Saint-Sauveur fait prendre quatre hommes au hasard dans la foule et les oblige à enlever le mai sous les protestations de la foule, puis fait arrêter Bernard Montès, les deux hommes qui ont sonné le tocsin et celui qui est allé chercher du secours. Ils seront maltraités puis conduits chaînes aux mains à la prison de Gourdon. 
Les jours suivants le détachement passe au Vigan, à Saint-Projet, Saint-Cirq, Concorès, Peyrilles, procède à l’enlèvement des mais et à l’arrestation de plusieurs paysans. Il se dirige ensuit vers le bourg de Saint-Germain de Bel-Air dont la population était de celles qui s’était montrées les plus favorables à la révolution. Le maire s’avance au devant de la troupe arrêtée à une centaine de pas du bourg, le commandant lui lit l’arrêté et lui demande d’abattre le mai de Saint-Germain, le maire répond qu’il va consulter le peuple. 
Il revient au bout d’un quart d’heure et déclare que le peuple n’obéira que lorsqu’il sera certain que l’ordre s’appuie sur un décret de l’assemblée nationale. M. de Saint-Sauveur, irrité, le somme de faire proclamer la loi martiale ce que le maire refuse de faire. Pendant ce temps les cloches de l’église continuaient de sonner l’alarme et déjà on voyait dévaler à la hâte des villages alentours des groupes de paysans armés de fusils. M. de Saint-Sauveur allait vite être déborder et décide de se retirer sous les cris de triomphe de la population qui poursuit le détachement en lui jetant des pierres, quelque coups de fusils sont tirés. À trois reprises M. de Saint-Sauveur fait mettre sa troupe en ordre de bataille et menace de tirer sur la foule. Finalement il se replie en toute hâte vers Gourdon. 
Les cloches de Saint-Germain avaient répandu l’alarme, bientôt le tocsin résonne dans toutes les municipalités du district de Gourdon. Partout on s’attroupe, on s’arme de fourches, de faux, de haches, de fusil et on se dirige vers Gourdon. Les bandes de paysans se regroupent joyeusement en chemin et forment de longues colonnes sur les routes qui mènent au chef-lieu du district. En quelques heures la ville est cernée par une foule immense. 
Si les administrateurs du district se cachent, ceux de la municipalité sont à leur poste. Ils font battre la générale, proclament la loi martiale et déploient le drapeau rouge signalant que les attroupements avec ou sans armes deviennent criminels, et doivent être dispersés par la force. La troupe de ligne se range en bataille sur l’avenue de Saint-Germain et pointe le canon. Le procureur de la ville, Jean-batiste Cavaignac ( père d’Eugène Cavaignac, futur président de l’exécutif ), va à la rencontre des insurgés et tente de les dissuader d’entrer dans la ville. Les paysans demandent que soient libérés les prisonniers faits par M.de Saint-Sauveur. Cavaignac promet de leur faire donner satisfaction. Le calme revient un moment, mais de nouvelles troupes de paysans arrivent de toutes parts alors que la nuit approche et qu’il pleut à torrent. Il est près de sept heures du soir ce trois décembre 1790, lorsqu’une clameur s’élève ; Une nouvelle troupe d’environ six cents hommes se présente aux portes de la ville. À sa tête le commandant de la garde nationale de Ginouillac nommé Joseph de Linars. À ses côtés se tient son jeune frère Jean de Linars
À leur arrivée les deux frères sont fêtés et salués par des acclamations : Ils portent un nom populaire dans le pays. Honorés des suffrage du peuple, l’aîné avait été élu maire Ginouillac et son jeune frère juge de paix de son canton. 
Joseph de Linars fut officier au Régiment de Royal Marine, puis capitaine de milices à la Martinique. Bien que noble et riche, il possédait de vastes propriétés à la Martinique, le peuple lui pardonnait sa noblesse et sa richesse car on le savait très dévoué au nouveau régime. Son nom circule dans la foule et le peuple des campagnes le désigne pour son chef. 
Convaincu de la justesse de la cause des insurgés mais souhaitant éviter les excès il accepte la responsabilité de la conduite de l’insurrection. 
Il y avait alors 4500 hommes environ sous les murs de Gourdon. 
Joseph de Linars pénètre dans un faubourg avec une partie de sa troupe et charge son frère Jean d’aller prévenir la municipalité que le peuple des campagnes veut connaître la cause des vexations commises par les soldats dans le district et lui demande d’amener le tambour de ville pour rallier et discipliner ses hommes.

La ville a consigné dans ses registres l’apparition de Jean de Linars : 
« Un député de l’assemblée villageoise ayant paru au consistoire de la commune, armé d’un damas [sabre], pour demander un tambour de la part de son commandant, menaçait que si on ne le lui donnait pas de suite, on viendrait le prendre d’autorité. Un tambour a eu ordre de le suivre. »

La municipalité se rend ensuite dans le faubourg occupé par les insurgés, Joseph de Linars lui expose les griefs du peuple, déclare qu’on a calomnié l’esprit des campagnes, et s’élève avec force contre le commandant des troupes de ligne qui s’est rendu criminel de lèse-nation en arrachant les mais. Il demande en vertu de quel ordre il a agit ainsi. 
Le maire, M.Girles, répond que les soldats sont couverts par des ordres du département et du district. Joseph de Linars demande à voir ces ordres. Il laisse une partie de ses troupes aux portes de la ville et le reste des ses hommes le suit, gravissant avec tumulte les rues menant à la place l’Hôtel de ville et de l’église Saint Pierre. La maison commune est envahie et au même moment on apprend que le détachement du Languedoc et des cavaliers de la maréchaussée se sont retranchés et barricadés dans l’église. De la foule qui continue de grossir une clameur s’élève, on veut que les soldats rendent les armes. Deux grenadiers encore présents sur la place sont menacés, Joseph de Linars les fait désarmer et les conduit lui-même à la prison les soustrayant ainsi à la fureur de la foule. Puis, estimant que le meilleur moyen d’éviter un affrontement sanglant est de désarmer la troupe de M. de Saint-Sauveur, il tente de détourner la colère de la foule en désignant comme responsables de la situation les membres du directoires du district qui semblent s’être dérobés. Il envoie son frère Jean dans l’église parlementer pour inviter M. de Saint-Sauveur à venir conférer avec lui à l’hôtel de ville. Ce dernier accepte l’invitation.
Aux reproches qui lui sont faits, le commandant de la troupe répond qu’il avait des ordres formels du district. Les deux frères de Linars avertissent alors M. de Saint-Sauveur qu’il ne pourront garantir sa sécurité et celle de ses hommes qui s’ils déposent les armes. M. de Saint-Sauveur refuse catégoriquement.

Pendant ce temps la municipalité est partie à la recherche des administrateurs du district. Le seul qu’on trouve est M. Taillefer, membre du directoire, qui se rend enfin à la maison commune, sous les huées de la foule. Les frères de Linars et Taillefer se connaissaient, d’ailleurs Joseph de Linars reprocha à son frère Jean de donner trop de marques d’intérêt à M. Taillefer dans ces circonstances. Il invite ensuite Taillefer à lui montrer l’ordre du département qui prescrit d’abattre les mais. Après l’avoir lu M. de Linars fait observer qu’il ne s’applique qu’aux signes de sédition et non aux mais signes de liberté. Il invite ensuite Taillefer à écrire en guise de « traité de paix » un procès-verbal qu’il va dicter en ajoutant : « Si vous refusez, je ne réponds pas de votre vie. » 
Taillefer d’une main incertaine et tremblante écrit :

« Aujourd'hui 3 décembre 1790, s'est présenté Joseph Linars, à la tête de 4,500 hommes, pour demander au directoire du district la cause des troubles et vexations qu'ont éprouvés déjà plusieurs paroisses, et que craignent d'éprouver toutes celles du district. Sur quoi nous lui avons présenté les ordres que nous avons reçus du département du Lot, dont nous lui avons donné copie, certifiée de nous; et, d'après la lecture qui en a été faite, nous avons reconnu qu'il ne nous était prescrit que de faire abattre les marques d'insurrection et rétablir le bon ordre; que cependant, dans le délibéré que nous avons donné au commandant de la troupe qui nous a été confiée, nous n'avons pas excepté les mais érigés à la liberté reconquise, et ce qui a obligé les troupes nationales à la démarche qu'elles ont faite; »

« A été arrêté que le canon ne sortira de la maison de ville que lorsque l'ennemi de l’État sera dans les environs, mais jamais contre les citoyens qui voudront se plaindre des exactions : de plus, que le district se joindra à tous les cantons pour demander la suppression des maréchaussées, ces troupes étant devenues inutiles depuis le moment que les gardes nationales sont en activité. »

« Ledit délibéré étant pris, le sieur Joseph Linars a décidé sa troupe à repartir, de peur qu’il n'arrivât d'autres troupes et qu'il ne put les contenir. Il a exhorté toutes les municipalités présentes, au cas qu'elles eussent quelques marques d'insurrection, de les mettre bas elles-mêmes, et de ne conserver que les mais destinés à la liberté reconquise; ce qu'elles ont toutes promis de faire, quoiqu'elles aient déclaré n'en avoir aucune. »

«À Gourdon , les mêmes jour et an que dessus  : 
Signé :TAILLEFER. »

Il est onze heures trois quarts du soir et Joseph de Linars va lire ce procès-verbal à la foule qui l’accueille avec satisfaction. 
À minuit, après avoir fait libérer les deux grenadiers retenus en prison, il sort de la ville avec sa troupe, à l’exception d’environ cinq ou six cents hommes qui déclarent vouloir rester. En chemin il rencontre de nouvelles bandes de paysans qui se dirigeaient vers Gourdon et leur fait rebrousser chemin.

Il rentre alors chez lui à Ginouillac avec la certitude d’avoir évité un bain de sang. Le lendemain Joseph de Linars écrit au Département cette lettre qu’on lui reprochera plus tard :

Messieurs, 
Je m’empresse de vous envoyer ci-joint copie du procès-verbal dressé par le Directoire du district à l'occasion du soulèvement, que l’usage peu réfléchi qu’il à fait des troupes que vous lui avez confiées à occasionné. Je vais en même temps vous rendre compte de ce qui a précédé et suivi le dit procès-verbal jusqu’à l’'heure de minuit, à laquelle je me suis retiré avec toute ma troupe, à l’exception de cinq cents hommes qui s’y sont refusés, tant à cause des mauvais chemins et de l’obscurité, que de leur lassitude.

Vendredi, troisième de ce mois, à deux heures de relevée, douze hommes de la garde nationale de Ginouillac sont venus me dire la que le tocsin sonnait dans toutes les paroisses des environs, et qu’ils croyaient, sauf mon meilleur avis, qu’il convenait que Ginouillac prit les armes. J’en ai demandé la permission au maire, qui ne s’y est point opposé, et les esprits étaient si échauffés que je crois qu'il a agi sagement en voulant ce qu’il n’aurait pu empêcher. En conséquence, le tocsin a sonné et, à peine avons-nous été réunis au nombre de cinquante,qu’on est venu nous dire que la paroisse de Soucirac demandait du secours. Nous nous y sommes rendus le plus promptement qu'il nous a été possible, mais, malgré notre diligence, nous ne sommes arrivés qu’après le départ de cette paroisse, qui s’était portée au secours de St-Chamarand et de St-Germain. Nous avons parcouru toutes ces différentes paroisses, en suivant toujours leurs traces, et sommes arrivés aux portes de Gourdon, à 7 heures du soir. Notez que notre troupe, qui n'était d'abord que de cinquante hommes, s’est tellement grossie par les traînards qui n’avaient pu suivre la rapidité de leurs corps respectifs, que nous étions plus de six cents à notre arrivée. 
Toutes les paroisses qui étaient arrivées avant nous, entendant les cris des nôtres, ont envoyé nous reconnaître, et la réunion s’est faite à l’instant. Ils m’ont fait l’honneur de me nommer leur commandant, et m’ont promis d’exécuter mes ordres. Je me suis bien promis, en acceptant cette marque de confiance, d’employer l'autorité qu’ils me donnaient à empêcher le moindre désordre. J'ai divisé ma troupe en cinq colonnes et en ai placé une à chaque porte de la ville, avec défense de commettre la moindre hostilité sans mes ordres les plus positifs. Cette disposition faite, j’ai député un officier [son frère Jean] à la Municipalité pour lui rendre compte que j'étais aux portes de la ville avec 4500 hommes, pour connaître et faire cesser la cause des troubles et vexations que les troupes de ligne commettaient journellement dans les paroisses du district, et que s’il y avait un coup de feu tiré sur ma troupe, je ne répondais de rien. La Municipalité m’a assuré qu’il n'y aurait pas de coup de fusil lâché, que la troupe de ligne ne prendrait pas les armes. En même temps, il m'a été remis l’ordre que le Directoire avait donné au commandant de la troupe, par lequel j'ai vu que ladite troupe n’avait pas tort, ce que je me suis empressé de faire connaître à mes frères d'armes, et j'y suis heureusement parvenu, malgré leurs fortes préventions. Cette réconciliation opérée, une partie des nôtres a été prendre quelque nourriture, et le reste m’a suivi à l’Hôtel de ville, où le Directoire nous a fait voir, par l'exhibition de vos ordres, que tout le mal provenait de ce qu’il ne s’y est pas exactement conformé. S’il n’avait ordonné d’abattre, comme vous le lui prescriviez, que les marques d'insurrection, il n’aurait trouvé aucune résistance. Mais il devait respecter ce qu'on appelle vulgairement les mais, qui ne sont dans le fait que des monuments élevés à la liberté et représentatifs, des pyramides, obélisques, arcs de triomphe, que les grandes villes ont fait élever et que les campagnes auraient imités, si leurs ressources l'eussent permis. 
Comme le temps nous pressait, et qu’il arrivait paroisses sur paroisses, que je craignais qu’il ne vint trop de monde et qu’on ne pût plus le contenir, le procès-verbal a besoin de quelque interprétation que je vais vous donner. La réclamation que le peuple à faite au sujet des canons, vient de ce qu’on les avait placés sur les avenues, soi-disant pour tirer sur les gardes nationales du district. La suppression de la maréchaussée vient de ce que les cavaliers ont servi de guide à la troupe de ligne, ont lié, garrotté, conduit en prison et chargé de fers les citoyens qui ont eu le courage de réclamer contre les atteintes qu’on portait à leur liberté en abattant leurs mais. Le procès-verbal a été signé à onze heures trois quarts, et je me suis retiré aussitôt pour les raisons qui y sont déduites. Ma troupe à suivi mon exemple et je souhaite que celle qui est arrivée après notre retraite ait été aussi soumise à l'ordre de ses chefs que celle que j'ai commandée. 
Je suis, etc. 
(Signé) : DE LINARS, commandant de la garde nationale de Ginouillac ; — le 4 décembre 1790.

P. S. — Toutes les paroisses que j’ai eues sous mes ordres, ont demandé qu’il fut envoyé copie du procès-verbal à toutes les Municipalités du district, afin qu'elles s’y conforment. Si cette façon de procéder réussit, comme il y a tout lieu de l’espérer, les troupes de ligne sont tout au moins inutiles pour faire entendre raison au peuple. 
Je crois, Messieurs, que pour donner plus prompte satisfaction au peuple, il conviendrait que le procès-verbal fût imprimé et envoyé à toutes les Municipalités du district. »

Après avoir adressé cette lettre, joseph de Linars pensa devoir rendre compte au gouvernement de ce qui s’était passé et partit pour Paris.

À Gourdon cependant, après le départ de Joseph et d’une grande partie de ses troupes les troubles continuèrent. Voici ce qu’en disent Godard et Robin :

« Ces 5 ou 600 personnes, du moment où elles furent sans chef, et livrées à elles-mêmes, s'abandonnèrent aux mouvements les plus désordonnés; leur nombre s'accrut prodigieusement dans cette nuit désastreuse; ceux qui étaient partis revinrent; d'autres se joignirent à ceux-ci; bientôt il y en eut plus de 10,000 ; on oublia ce qui avait été dit sur la troupe de ligne, et le respect qu'on lui devait; elle s'était renfermée dans l'Église, dont elle avait barricadé les portes; les plus violentes menaces furent vomies contre elle ; quelques paysans s'efforcèrent même de séparer les soldats de leurs officiers, proposèrent de l'argent aux premiers pour livrer leurs chefs; grenadiers et soldats, tous répondirent qu'ils aimeraient mieux mourir que de commettre une action aussi lâchement barbare. Enfin le cri général du peuple était celui-ci « que les soldats sortent sans armes, et que les cavaliers de maréchaussée soient massacrés ». 
La troupe de ligne resta ainsi, depuis 6 heures du soir du 3 décembre, jusqu'au lendemain 11 heures du matin, exposée aux insultes et aux menaces, et craignant à chaque instant de se voir forcée d'en venir avec le peuple à un combat dont les suites, de part et d'autre, eussent été sanglantes. 
Enfin, à force de représentations, de prières, de promesses, la municipalité obtint du peuple le serment solennel que les soldats sortiraient avec armes et bagages, et qu'ils ne seraient pas maltraités. 
C'était au directoire du district à faire à la troupe de ligne la réquisition de partir ; mais tous les membres de ce directoire avaient fui; ce fut un commis qui fit et signa la réquisition; et, attendu les circonstances urgentes dans lesquelles on se trouvait, la municipalité consentit au départ de la troupe. 
Aussitôt cette troupe se mit en marche, ayant à sa tête les officiers municipaux, qui, par leur présence, voulaient lui ménager une retraite sûre; enveloppée de tous côtés par la garde nationale de Gourdon; ayant placé, au milieu des grenadiers, trois cavaliers de maréchaussée, contre lesquels le peuple était tellement animé, que deux autres n'avalent pas osé sortir et s'étaient tenus cachés dans le clocher de l'église ; suivie enfin par une foule de paysans qui faisaient retentir l'air des cris redoublés de Vive la nation. 
Il semblait dès lors que tout devait être terminé, et que le peuple, ayant obtenu la satisfaction qu'il désirait devait rentrer dans l'ordre. 
Mais à peine le détachement fut-il parti, qu'on s'empara des canons, qu'on en brisa l'affût, et que la maison de M. de Fontanges, ci-devant gentilhomme, devint l'objet d'une fureur universelle; tous les meubles en furent brisés, les denrées jetées dans la rue, les murs eux-mêmes ne furent pas épargnés; de là on fondit sur la maison du sieur Hebray, ci-devant subdélégué [l’équivalent de nos jours du sous-préfet], et les mêmes ravages y furent exercés. 
Le lendemain 5, le nombre des campagnards s'était accru au double, suivant le procès-verbal de la municipalité, et pouvait, par conséquent, être porté à vingt mille environ. Plusieurs maisons, ce jour-là, furent encore dévastées : celles du procureur syndic et du secrétaire du district; celles du président et du greffier du tribunal; celle même du curé ; on se transporta aussi dans les prisons, pour délivrer les prisonniers. 
Le 6 décembre, les désordres n'avaient pas encore cessé. On se précipita dans le monastère des religieuses de Sainte-Claire, qui furent obligées de se sauver dans une maison du voisinage. Là, de nouveaux dégâts furent commis par une multitude furieuse; le peuple ne se retira que lorsqu'il s'y vit forcé par la lassitude; mais les malintentionnés ne quittèrent la ville que pour se répandre dans les campagnes, où ils portèrent leur fureur, et où les maisons de M. Taillefer, membre du directoire, et de M. Aisac, membre de l’administration du district, furent dévastées. 
Ce ne fut que le 7 décembre que la tranquillité commença à renaître dans la ville de Gourdon. Pendant quatre jours entiers, elle fut donc livrée à toutes les horreurs dont on a entendu le récit; et la municipalité fut d'autant plus impuissante pour réprimer les excès, qu'une partie de la garde nationale s'était mêlée aux habitants de la campagne et confondue avec eux. Cependant le 5 décembre, au moment où l'on menaçait d’incendier le bureau du directeur du district, un justicier municipal s'y transporta, fit enlever tous les papiers, tous les registres, et les déroba à l'invasion du peuple. Le soir, lorsqu'on pillait la maison du curé, deux officiers municipaux s'y transportèrent également, et firent conduire dans les prisons 5 brigands, qui furent ensuite élargis par les paysans. 
Les personnes mêmes qui ont assisté aux événements ne peuvent pas se faire une idée de la violence du mouvement qui avait été imprimé aux esprits ; aussi était-il impossible qu'il s'arrêtât tout à coup. 
Indépendamment des maisons de MM. Taillefer et Aisac, qui furent dévastées le 6 décembre, on dévasta le même jour et le lendemain le château de M. Touchebœuf-Beaumont, à Léobard. 
Depuis le 6 jusqu'au 12, on dévasta successivement à Rampoux, à Cazals et à Gindou, 3 maisons appartenant à M. Boisson, ci-devant avocat général de la cour des aides de Montauban. 
D'autres dévastations ont encore été faites depuis; des restitutions de rentes ont été exigées; ceux qui n'avaient pas encore été pillés ou incendiés étaient menacés dans leurs personnes ou leurs propriétés; et tous ces désordres, quoique diminués considérablement, n'avaient pas encore cessé au mois de janvier. »

Une société de Mautauban écrivait aux Jocobins :

« Des attroupements de paysans se sont portés sur la ville de Gramat. Un détachement considérable du régiment de Languedoc a été repoussé. Plusieurs maisons ont été pillées. La Municipalité a été obligée de prendre la fuite. On a lieu de croire que la cause de cette insurrection est le paiement des rentes, que les ci-devant vassaux refusent de faire, parce que les ci-devant seigneurs ont refusé d’exhiber leurs titres. »

La municipalité de Cahors décrit ainsi la situation dans un proces-verbal :

« Le cri général est : il faut démolir les châteaux, puisque les ci-devant seigneurs ont voulu faire abattre les mais... Les habitants des campagnes regardent les châteaux comme un titre permanent de féodalité. Soit erreur, soit vérité, le préjugé les conduit et, de loin en loin, on ne voit que des toits découverts, des châteaux privés de leurs tours. »

L’agitation fut grande aussi du côté de Lauzerte et Castelnau-Montratier où dès le 6 décembre une vingtaine de nobles se réunirent das le but de créer une ligue de défense. Cette coalition attisa la colère du peuple, le château de Saint-Pantaléon fut pillé et incendié.

Le directoire du département était inquiet, il ne disposait à Cahors que de 300 hommes de troupe de ligne, le bataillon du Languedoc en garnison à Figeac était pour partie dispersé dans les campagnes où des signes d’agitation se manifestaient. 
Le reste avait été envoyé à Montauban, alors simple chef-lieu de district du Lot avant la création du département du Tarn-et-Garonne en 1808, où des tensions religieuses voyaient le jour entre les protestants attachés à la Constitution qui garantissait leur liberté après les oppressions subies sous l’ancien régime et les contre-révolutionnaires catholiques menés par l’évêque de la ville.

Le département n’étant pas en mesure d’arrêter les mouvements qui se produisaient à Gourdon demanda l’aide de l’assemblée nationale et rejeta la responsabilité des troubles sur Joseph de Linars.

Les administrateurs du Lot était les interprètes de la grande bourgeoisie et montraient peu de zèle pour la cause du peuple, l’un d’entre eux M.Marsis avait vu sa maison dévastée par les paysans. 
Le parti patriote, lui, se méfait de la qualité de ci-devant noble de Joseph de Linars, la société populaire de Cahors, « les Amis de la Constitution », en correspondance avec les Jacobins de Paris, leur avait écrit cette lettre au sujet des troubles de Gourdon

« Cahors, 7 décembre. 
L’alarme est répandue dans cette ville et dans une grande partie du département. Depuis deux jours, notre Société ne désempare pas. Déjà le tocsin se fait entendre aux portes de la ville. Les paysans attroupés se sont portés sur Gourdon, et ont mis à leur tête un gentillâtre dont ils suivent aveuglément les ordres. Au nom de la Patrie, calmez nos alarmes. Un décret, qui annoncerait que chaque ci-devant seigneur serait obligé de remettre ses titres devant le Directoire du district, pour être communiqués aux parties, et qui leur défendrait, avant ce préalable, toute demande et toute poursuite, produirait cent fois plus d’effet que toutes les baïonnettes du royaume.»

La réponse publiée dans le « Journal des Amis de la Constitution », l'organe officiel des Jacobins, est plus modérée concernant M. de Linars:

« On ne sait encore si M. de Linars, qui était à la tête de l’insurrection du Lot, est coupable ou innocent. Il dit n’avoir accepté le commandement des quatre à cinq mille hommes armés, que pour empêcher qu’ils ne se portassent à des excès, et que ceux d’entre eux qui ont dévasté six maisons à Gourdon, ne l’ont fait qu’après qu’il en a quitté le commandement. Il est actuellement à Paris. Depuis son départ, l'insurrection est toujours allée en augmentant. »

Durant sa séance du 13 décembre 1790, l’assemblée nationale débat d’une lettre qui lui a été adressée par le département du Lot. Le texte est à charge contre M. de Linars et le département demande l’envoi d’un régiment complet.

L’assemblée après avoir entendu les différents rapports propose un projet de décret qui sera adopté le 17 décembre pour : 
1. que les juges de Gourdon ouvre une information sur ceux qui auraient cherché à égarer le peuple 
2. que soit envoyée à Cahors une quantité suffisante de troupes pour ramener le calme. 
3. que soit envoyés dans le département deux commissaires civils qui se concerteront avec les Administrateurs et prendront les renseignements qu’ils pourront se procurer sur les causes de l’insurrection et sur les remèdes qu’il convient d’y apporter

Le roi désignera deux hommes de loi du département de la Seine MM. Godard et Robin, membres de la société des Jacobins. 
Les deux commissaires partirent pour le Lot le 26 décembre et arrivent à Cahors le 30 décembre.

Ils rencontreront le directoire du département, communiqueront avec les municipalités et le clergé, tentant toujours de faire retomber la pression. 
Ils se rendent à Gourdon, ils y auront une entrevue avec Joseph de Linars, rentré de Paris, qui leur laisse une impression favorable. Mais ensuite ils entendent autour d’eux des discours accusateurs sur Joseph de Linars de la part des partisans les plus ardents du nouveau régime qui lui reprochent d’être noble, et aussi de la part des contre-révolutionnaires qui lui reprochent d’avoir un instant pris la tête de ceux qu’ils appellent les « brigands ». 
Joseph de Linars répondra aux accusations par une lettre aux deux commissaires :

« Messieurs,

Dans l’entrevue que j'ai eu l’honneur d'avoir avec vous, vous m'avez objecté ce qui paraissait tendre à ma charge. Vous m’avez dit que vous étiez convaincus, avec tout le monde, que le peuple avait tant de déférence pour ma volonté, qu’il n’aurait commis aucun dégât si j’étais resté à Gourdon, Permettez-moi, Messieurs, une observation qui, quoique naturelle, ne m’est venue que par réflexion. Si tout le monde croit que le peuple aurait fait ce que j’aurais voulu, pourquoi s’obstine-t-on à dire que mon dessein était de mettre la désunion entre les gardes nationales et la ligne ? Avec les sentiments qu’on me prête et la force que j'avais à ma disposition, d’où vient que je n’ai pas fait égorger le détachement ? Pourquoi n’ai-je pas fait livrer au .peuple en furie le commandant de la troupe, qu’il demandait avec tant d’acharnement ? Puisqu'on dit que mon langage était qu'il n’y avait pas assez de cordes pour pendre les administrateurs du district, pourquoi n’en ai-je pas fait chercher quelques bouts, étant donnée la soumission du peuple à mes ordres ? Je pouvais les faire pendre sur le champ. Si j’avais voulu opérer une contre-révolution, comme d’autres disent, comment, avec l’intention où ils prétendent qu’était le peuple de faire mes volontés, ai-je borné mon rôle à la journée du 3 ? Pourquoi n’ai-je pas profité de l’ivresse où était le peuple ? Pourquoi enfin ne suis-je pas resté avec lui pour l’encourager au désordre ? Cette troupe grossissait à tout moment. La saison, les circonstances, tout m’était favorable, en me dépeignant comme on le fait. Le peuple n’a point de travaux qui le pressent en ce moment, et n’a pas trop de quoi vivre. La proposition de se mettre en campagne et d’aller vivre de butin aurait été goûtée d’un certain nombre. Je pouvais donc, non pas opérer une contre-révolution, que je crois impossible, mais faire beaucoup de mal. Si donc je n’ai rien fait de ce que je pouvais faire, pourquoi me prêter de si mauvaises intentions ? Pourquoi ne pas reconnaître de bonne foi qu’obligé de marcher, comme le reste des citoyens, il a été heureux que le peuple m’ait donné le commandement, dont je me suis servi pour empêcher le mal autant que j’ai pu.......»

Dans leur rapport les commissaires portent une appréciation modérée sur Joseph de Linars, lui reprochant finalement de s’être retiré trop tôt de Gourdon :

« On voit un peuple immense, irrité contre ceux qui ont voulu abattre ses mais, et qui, dans quelques villages, les ont abattu ; on le voit désirant une vengeance, la cherchant avidement, accusant la troupe de ligne d'être seule coupable, ne craignant pas d'en venir aux mains avec elle, parce qu'elle sent sa supériorité. La troupe de ligne était là, et le combat pouvait commencer à l'heure même. Les membres du district, au contraire, n'y étaient pas, et avaient fui. M. Linars croit voir dans l'arrêté de ceux-ci une extension des ordres du département; il croit devoir le dire, pour arrêter la fureur du peuple dirigée entièrement contre la troupe de ligne ; il le dit ; et si l'on fait attention à la clairvoyance et à la finesse du peuple; si l’on considère qu'il était impossible de lui faire prendre le change; qu'il y avait même tout à risquer à vouloir lui en imposer, on conviendra que M. Linars, dans l’embarras extrême où il se trouvait, et surtout, si le directoire du district avait quelques torts, devait peut-être dire une partie de ce qu'il a dit. Mais son imprudence est d'en avoir trop dit; son tort est de n'avoir pas assez cherché à effacer les impressions qu'il avait données au peuple contre le directoire du district. Son plus grand tort, enfin, est de s'être retiré avant que tout le monde le fût.  
… 
C’était à lui, en un mot, à sortir le dernier de cette malheureuse ville. Ainsi, M. Linars, suivant notre opinion, n'est point un chef de parti; on ne peut pas l’accuser d’avoir voulu attenter à l’autorité des corps administratifs; d’avoir eu des desseins perfides contre la Révolution ; d’avoir excité l’insurrection qui a eu lieu. Mais il est coupable de grandes imprudences, sans lesquelles il eût pu prévenir tous les maux ou une partie des maux postérieurs à l’insurrection. »

Les 2 commissaires quittèrent Cahors pour Paris le 7 février. Ils remettront leur rapport au Roi le 6 avril 1791.

Joseph de Linars se retire dans sa commune de Ginouillac, il s’occupe d’apprendre l’exercice aux jeunes gens du pays qui s’apprêtent à servir comme volontaires dans les armées, les aidant au besoin de sa bourse quand ils partaient pour les frontières.


 

Préambule du rapport Godard & Robin
 

III - Les conséquences pour les frères de Linars.


 

Mais la situation politique évolue, en 1793 la terreur s’installe. On suspecte tous les « ennemis de la Révolution ». En septembre on vote « la Loi des suspects » par hantise des conspirations et des complots réels ou imaginaires 

Les frères de Linars finalement sont dénoncés par le district de Gourdon qui ne leur pardonnait pas la journée du 3 décembre 1790. Un matin ils virent leur château entouré de gendarmes. 
Joseph décrit lui-même son arrestation dans une pétition qu’il adressa au Comité de Salut Public et au directoire du département :

« Le dix-sept septembre dernier, à la pointe du jour,j'entendis frapper à la porte. Je mis la tête à la fenêtre et je vis le château investi par vingt gendarmes, commandés par un officier. Je leur demandai ce qu’ils voulaient et ils me dirent qu’ils étaient là pour m'arrêter. Je leur répondis qu’ils me faisaient bien de l'honneur de venir en si grand nombre, et qu’un petit garçon de dix ans aurait suffi avec une lettre pour me faire rendre partout où on aurait voulu. A l’instant, la porte fut ouverte. On monte dans ma chambre, et l'officier me dit qu’il avait ordre d'arrêter les trois frères Linars. Je lui répondis qu’il fallait qu’il se contentât d’en arrêter deux, que le plus jeune était chez lui, dans le département du Finistère [Jean, dont l’épouse était issue d’une famille originaire de St Pol de Léon, Finistère], depuis plus de trois ans, et que les administrateurs ne l’ignoraient pas, puisqu’il n’y avait pas encore trois mois qu’il leur avait envoyé un certificat de résidence. Nous montâmes à cheval, et on nous conduisit dans l’église de St-Germain, où était le citoyen Taillefer , représentant du peuple [ce n’est pas le Taillefer administrateur du district de Gourdon, mais J.G. Taillefer le conventionnel originaire de Domme]. Je connaissais le citoyen Taillefer. Je l’avais vu plusieurs fois à Paris, et je croyais que mes sentiments touchant la Révolution lui étaient connus. Je l'accostai, et je lui dis : Vous pensiez voir les trois frères, mais vous n’en verrez que deux. Il me répondit qu’il savait que le troisième était avec les rebelles de la Vendée, Je lui dis qu’il se trompait, que mon frère n’était pas plus avec les rebelles que moi, que je connaissais ses sentiments et sa façon de penser touchant la Révolution, et que j’étais aussi sûr de lui que de moi.

Le citoyen Taillefer ne me dit plus mot. Mais il ordonna que mon frère et moi fussions séparés, ce qui fut de suite exécuté. Sur les dix heures du soir, un brigadier, accompagné de sept à huit gendarmes, vint me dire qu’il avait ordre de me mettre les menottes. Je lui dis qu’il était le maître, mais qu’il était bien singulier qu'on traitât ainsi des patriotes à qui on ne pouvait rien reprocher, Ayant donc les fers aux mains, je priai le brigadier de dire à mon domestique de me porter mon manteau pour m'y coucher dessus. Il me répondit que mon manteau et mon cheval étaient confisqués, et que mon domestique était en prison tout comme moi. Je fus donc obligé de me coucher sur le pavé de l’église. Le lendemain, sur les neuf heures, on vint nous ôter les fers, et on nous fit partir pour Cahors, escortés par sept gendarmes. On nous conduisit au Département, et on donna ordre de nous mener à la Maison-commune, On nous mit dans une prison, au rez-de-chaussée, où il y a des lieux communs qui répandent une puanteur à faire trouver mal. On nous promit cependant de nous procurer un matelas, si nous voulions.

Le lendemain, il vint dans la prison deux officiers municipaux avec un serrurier, escortés de dix à douze fusiliers, et ils nous dirent que, répondant de nous sur leurs têtes, il était naturel que pour leur tranquillité, ils prissent leurs précautions et qu’en conséquence ils allaient nous faire mettre les fers aux pieds. Je leur dis ce que j'avais déjà dit quand on nous avait mis les fers aux mains, qu'’il était bien singulier qu’on traitât ainsi des patriotes. On nous fouilla et on nous ôta tout, même nos boucles de jarretière. Nous fûmes gardés à vue, Il y avait plusieurs factionnaires à notre porte, Il fut défendu de nous laisser parler à personne. Le concierge même répondait rarement à nos demandes. Lorsqu’il venait pour nous faire prendre nos repas, c'était toujours en présence de trois à quatre fusiliers, et lorsque la première porte de la prison s'ouvrait, elle était de suite obstruée par sept à huit baïonnettes. Toutes ces précautions ne nous laissèrent nul doute que nos ennemis cherchaient à nous faire périr par la main du bourreau. Cela nous fit penser à travailler à notre justification. Nous fîmes prier les officiers municipaux de nous permettre d'avoir de l’encre et du papier, ce qui nous fut accordé... »

Il restèrent trois mois dans la prison de Cahors.

À Ginouillac on écrivit aussi une lettre au directoire du département en faveur des de Linars qui fut signée par presque tous les habitants :

Nous, Maire, officiers municipaux, notables et citoyens, habitants de la commune de Ginouillac, vous exposons que lorsque nous avons appris l’arrestation des citoyens Linars frères, nous avons cru qu’ils étaient soupçonnés de quelque délit qui nous était inconnu. Mais, ayant appris qu’ils n’ont été arrêtés que comme suspects, nous ne pouvons nous dispenser de rendre hommage à la vérité, en vous attestant que les citoyens Linars nous ont donné dans toutes les occasions les preuves les plus convaincantes du plus pur patriotisme, et c'est d’après la connaissance que nous avions de leur civisme, que les trois frères furent nommés électeurs de notre canton, que le plus jeune a été notre premier juge de paix, que l’ainé lui a succédé, que le militaire à été notre premier maire de la commune; et il le serait encore si ses affaires le lui avaient permis. Ce dernier n’a jamais cessé d’encourager la jeunesse à voler à la défense de la patrie, tant en contribuant à lui faire un sort, que par ses discours, propres à donner du courage aux hommes qui en auraient le moins. Il a toujours, autant qu’il a pu, appris l'exercice militaire aux jeunes gens de notre commune et, quelques jours avant son arrestation, il fit un discours à la jeunesse de Ginouillac et de Bonnecoste réunie, pour l'engager à équiper un cavalier, discours qui causa la plus vive émotion et opéra tout le bien que nous avions lieu d’en attendre.

Ils furent finalement rendus à la liberté par un arrêté du directoire du département du Lot le 15 décembre 1793 :

« Le Directoire, 
Vu la pétition des citoyens Linars, détenus à la conciergerie de la Maison-commune de Cahors, tendant à les faire mettre en liberté ; Considérant que les deux citoyens ont été dénoncés comme suspects par l’administration du district de Gourdon, qui n’a point donné les motifs qui ont provoqué la dénonciation, malgré qu’elle y ait été invitée par arrêté du Directoire ; Considérant que les pétitionnaires sont réclamés par l’opinion publique, que la commune de leur résidence et les patriotes de leur contrée garantissent leur patriotisme, et qu’il ne s’était élevé aucun doute sur leurs principes révolutionnaires ; qu’ils ont, au contraire, fait plusieurs actes de patriotisme, jusqu’au moment où ils ont été dénoncés par le Directoire du district de Gourdon, dont les sentiments civiques d’une bonne partie des membres sont assez équivoques ;

Arrête :

Les citoyens Linars seront remis sur le champ en liberté.

Délibéré à Cahors, le vingt-cinq Frimaire, an II. »

 B.P.